• Le corps rompu de fatigue, j'ai dormi longtemps. A mon réveil, le soleil était haut dans le ciel. Il devait être neuf heures au minimum.

    Les premiers pas

    Malgré les courbatures qui élançaient chacun de mes muscles, je me suis mis debout et ait contemplé un long moment cette rive française où je me trouvais la veille. Je l'avais vraiment fait. Je l'avais vraiment accompli. J'avais surmonté une fois de plus mes limites !

    Tout en quittant la pointe rocheuse sur laquelle je me suis misérablement écroulée, j'observe le paysage tout émerveillé. Je quitte la plage d'un pas rapide en me joignant aux touristes. Qui irait imaginer que je puisse être une personne ayant passé la frontière illégalement ?

    Mes premiers pas en Espagne me font découvrir la ville de Fontarrabie. Elle est splendide ! Les couleurs des maisons sont si vivantes ! Elles me rappellent un peu celle de mon cher Midi. Et la population ? Elle est incroyable ! Tous ces gens dynamique, de bonne humeur ! Cela change de tous ces français maussades et grognons ! N'allez pas croire que je dis cela car je ne comprenais leurs dialogues. Bien au contraire puisque j'ai la chance inestimable de parler l'espagnol, l'anglais, l'italien et le l'allemand aussi bien que ma langue maternelle. D'ailleurs, je maîtrise même le latin et le grec ancien.

    Les premiers pas

    Les premiers pas

    Les premiers pas

    Cette dernière image représente la Puerte Santa-Maria. J'aurai aimé visiter ce lieu qui m'attirait mais il faut savoir faire des choix. Nous sommes déjà le quatre Juillet 2015 et une longue route m'attend encore jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle pour revenir ensuite à mon point de départ. Je n'ai pas le droit de perdre de temps.

    Ainsi, malgré la pointe de regret qui perce mon cœur, mon âme se durcit et je commence mon aventure dans les contrées espagnole. Ne connaissant pas le pays, je n'ose m'aventurer sur les sentiers de campagne. Ainsi, je demeure fidèlement le long des grands axes routiers pour ne jamais manquer un panneau. La circulation est terrible ! Les gens sont prisonniers de leur véhicules pendant des heures dans des embouteillages titanesque ! Ah ! On voyage bien mieux à pied ! Vive la liberté ! Viva al Libertad !

    Les premiers pas

    Lorsque le soleil atteint le zénith, je me trouve au milieu de la ville de Pasai Donimane. Je suis obligé d'y marquer un arrêt pour y prendre le ferry. Il n'existe ni route ni pont pour franchir le bras de mer qui s'étend jusqu'au milieu des terres. Seul le bac assure la liaison avec l'autre côté.

    Les premiers pas

    Une fois le pied posé sur le sol de la ville de Pasaia, je reprends ma route. Plus aucun obstacle ne peut m'arrêter ! Le paysage demeure toujours si urbain. Les bruits des moteurs résonnent de partout et la fumée des gaz d'échappement tourbillonne dans le vent. J'aimerais tant revenir à l'air pur des campagnes ! Quand je songe à la sérénité des paysages de Poitou-Charente ou ceux de la Beauce ! Elle me manque en cet instant.

    Lorsque je pénètre dans la grosse agglomération de San-Sebastian, mon étape, il devait être seize heures. Ou peut-être dix-sept. Je n'en sais strictement rien. Je n'avais pas le regard concentré sur ma montre, préférant me régaler des vues qui m'étaient donnés d'admirer.

    Observez donc ces quelques clichés :

    Les premiers pas

    La mairie.

    Les premiers pas

    Les premiers pas

    Les premiers pas

    Soudain, au milieu de toutes ces magnifiques contemplations, le plus singulier des événements est venu me perturber. Cette rencontre a marqué un grand tournant dans ma voyage mais a également chamboulé toute mon existence.

    Mais tout ceci nous le découvrirons la prochaine fois !

     ~~ Ambulando meus magna erit, superbia magis.~~


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  • La promesse de la terre espagnole si proche m'a donné des ailes. Lancé sur les routes à peine sept heures du matin, j'ai parcouru une trentaine de kilomètres en moins de six heures. la motivation vous ferait déplacer des montagnes !

    La porte vers l'Espagne

    En arrivant en vue de Hendaye, j'ai observé le paysage et j'ai déchanté malgré le cadre enchanteur. Dans ma folle jeunesse insouciante, j'avais imaginé avant mon départ que je passerai la frontière par les montagnes pour échapper aux douaniers.

    La porte vers l'Espagne

    Comme vous pouvez le voir sur cette photographie, les montagnes sont très lointaines. Mon beau plan, empreint d'une naïveté enfantine touchante, est tombé brutalement à l'eau !

    Refusant de baisser les bras si près de mon objectif, je pénètre dans la ville grouillant de touristes pour trouver une librairie. Là, j'achète un plan de l'agglomération et observe attentivement les lieux. Je note vite que la Bidassoa est un fleuve qui marque la frontière. J'ai aussitôt l'idée de la localiser pour savoir si je peux passer par cet accès.

    Immédiatement, je me lance à la recherche de ce fleuve. Je le localise près d'une gare. Impossible d'approcher sans paraitre suspect. Je poursuis ma route et voit le cours d'eau s'élargir, bien trop pour que je puisse y nager jusqu'à l'autre côté sans me faire remarquer.

    Alors que je continue mon chemin, le fleuve s'engage dans un chenal pour atteindre ce qui se nomme la baie du figuier et se jeter dans l'océan. Le site est absolument magnifique. Grandiose ! J'en reste encore sans voix !

    La porte vers l'Espagne

    La porte vers l'Espagne

    La porte vers l'Espagne

    La porte vers l'Espagne

    Une fois remis de la magnificence de mon émotion, je me suis replongé dans le problème qui me tracassait. J'ai alors observé le chenal et su que la traversée serait réalisable.

    La porte vers l'Espagne

    Ayant appris la natation en haute mer, une cheville attachée au bateau par une corde, je peux vous affirmer que j'en ai vite appris tous les secrets. Vous savez, la survie, tous ces trucs-là ? Voilà, c'est ainsi que l'on apprend le mieux les choses !

    Face au défi qui m'attendait, j'ai observé un long instant la surface de l'eau éclatante au soleil. Allais-je mourir pendant cette traversée ? C'était une éventualité mais même la probabilité ne m'en effrayait pas. Je souhaitais poursuivre l'aventure, quitte à y laisser am propre vie. Plutôt la mort que continuer à exister le cœur lourd de regrets ! Alors, d'un sourire narquois, j'ai prononcé une formule rituelle Ave Caesar morituri te salutant et j'ai plongé.

    Pendant presque quinze kilomètres, j'ai nagé. Souvent, je m'accordais des pauses. J'effectuais entre chaque très peu de distance. Mais souvenez-vous que je portais un sac de kilos sur le dos ! Rien que de me maintenir à la surface demandait de gros efforts !

    Finalement, alors que le soleil commençait à descendre pour disparaitre dans les eaux paisibles de l'océan, j'ai atteint la rive espagnole. Avec toutes les dernières forces qui me restaient, je me suis hissé sur les rochers de la grève. Et après ? Plus rien ! J'ai perdu connaissance. 

    ~~ Ambulando meus magna erit, superbia magis.~~

     


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  • Depuis mon départ de Bordeaux, j'ai marché trois longues journées dans ce qui n'est qu'un vaste désert vert. Le département des Landes n'est qu'une immense forêt de pins où on n'aperçoit nulle part une maison ou une âme. Cela en devient même déprimant.

    Du landes désertiques à Bayonne

    Tout en progressant le long d'une route, je n'ai jamais vu un seul véhicule. J'étais parfaitement seul au monde ! Finalement, Dax m'est apparu.

    Au commencement, la ville semblait tranquille et tristement banale. Rien ne retenait mon attention. J'ai soudain perçu des cris qui m'ont mené au parking désert d'un magasin en friches. Des garçons y tabassaient un autre pendant que leur chef observait à distance et s'en régalait sous le prétexte stupide que sa victime était un homosexuel. Il paraitrait que ce serait un critère d'un manque de virilité. Parmi mes honorables lecteurs, j'espère qu'aucun d'eux ne nourrit en lui de pareilles pensées. Autrement, il risque de se sentir très insulté puisque je considère les gens émettre des remarques aussi absurdes comme les plus grands imbéciles qui soient.

    Passons outre ce détail et revenons vite au récit. Sans perdre une seconde, je me suis précipité vers le petit coq qui donnait ses ordres et l'ai jeté au sol d'un coup de poing bien placé. Il s'est mis à crié après ses gorilles mais ceux-ci, en bons lâches, ont fui. Je me suis alors régalé à effrayer le petit chef d'un ton glacial e lui expliquant que son comportement était similaire à celui d'une bête sauvage enragée. Je lui ensuite dit que si tel était le cas, il devrait être abattu. Naturellement, il en est devenu livide et a imploré ma grâce. J'ai accepté de la lui donner en lui proposant une partie de chasse et en lui accordant dix secondes d'avance. Ah ! La bêtise peut croire n'importe quelle fadaise ! J'ai à peine prononcé le chiffre un que ce vulgaire manant s'est sauvé à toutes jambes.

    A la fin de cet acte tragi-comique, je me suis avancé vers la pauvre victime. C'était un jeune homme de dix-neuf ans, étudiant en sciences de l'éducation, qui se nommait Jérôme. Il a mentionné que le garçon responsable de son agression l'avait poursuivi toute l'année de ses velléités car il avait révélé être gay. Il avait bien essayé de porter plainte mais l'argent de son père achetait des témoignages qui l’innocentait. Ces individus manipulables à l'extrême sont pour moi plus détestables encore que les brutes sans cervelles. Dans le second cas, on tape sans réellement comprendre, sans s'interroger. Or, dans le premier cas, on sait qu'on agit mal mais on s'en fiche. Pour moi, leur crime s'avère donc beaucoup plus grave et mérite un châtiment bien plus lourd.

    Du landes désertiques à Bayonne

    Jérôme m'a invité chez lui pour soigner ses blessures. par chance, les brutes n'avaient causé que des éraflures et des ecchymoses. Elles seraient disparus en quelques jours. Mais à force de se toucher, Jérôme et moi avons ressenti un désir nous saisir qui nous a consumé pendant une partie de la nuit.

    Au petit matin, je me suis presque levé en même temps que le soleil. J'ai pu savourer avec délice les bienfaits d'une douche chaude qui m'a nettoyé de toutes les impuretés que le voyage collait à ma peau puis j'ai réfléchi à mon itinéraire vers Bayonne.

    Du landes désertiques à Bayonne

    Alors que je m'apprêtais à partir, Jérôme s'est réveillé et m'a fait une scène que je l'abandonnais, qu'il croyait passer la semaine avec moi. Ce garçon était vraiment d'une candeur inimaginable ! De manière assez ferme, je lui ait expliqué que j'étais un voyageur qui ne s'accordait que de très brèves étapes dans les villes par lesquelles il passait. Je lui ait aussi conseillé d'apprendre à grandir. Je l'ai ensuite quitté sans me retourner, sans un remords de conscience.

    Une petite heure après avoir quitté Dax, je me suis arrêté pour préparer mon repas. Le premier d'une longue série de fayots ! Mon estomac réclamait à grands cris de la nourriture. Je n'avais rien avalé depuis Bordeaux, exception faite d'un fruit de temps en temps qui me servait surtout à étancher ma soif et à économiser l'eau.

    Du landes désertiques à Bayonne

    Après ce repas pris en pleine nature, à l'abandon de tout, j'ai repris la route. J'avançais le long d'une nationale sur laquelle circulaient souvent des voitures. Les grandes vacances avaient commencé : les touristes affluaient.

    Vers le début de la soirée, alors que la nuit était tombe depuis deux bonnes heures, j'ai atteint Bayonne. Les touristes grouillaient partout et recouvraient le chemin. J'avançais à l'allure d'une tortue. Néanmoins, les illuminations de la ville étaient magnifiques,  en particulier, celles se reflétant dans les eaux de l'Adour.

    Du landes désertiques à Bayonne

    Néanmoins, mon corps commençait à ressentir les effets de la fatigue. Je me devais de trouver un coin où me reposer, loin de toute cette agitation. j'en ai déniché un sur le parking d'un supermarché dans un quartier périphérique de la commune. A peine installé, j'ai sombré dans un profond sommeil.

    Le réveil se révéla difficile et agité. Alors que je dormais du sommeil du juste, un chat sauvage m'a sauté dessus. D'abord surpris, j'ai vite réagi et l'ai éjecté vite de mon périmètre en le lançant au loin par la queue. Vous trouvez cela cruel ? Sans doute. Mais ce n'est pas moi qui a attaqué le premier ! De toute manière, je ne vois pas pourquoi j'aurai à m'en justifier !

    Du landes désertiques à Bayonne

    Après cet assaut, j'ai choisi de contrôler les vivres qui étaient à un niveau optimal pour ensuite tracer l'itinéraire vers ma prochaine étape. Hendaye. Ma dernière étape en France. Après, ce serait l’Espagne. J'étais tout ému. Après un mois de voyage, après avoir subi différentes épreuves, j'avais atteint la porte de l'Espagne. J'avais traversé mon pays entier. Je rayonnais de fierté. Ma courage et ma détermination avaient vaincu tous les obstacles.

    Avant de reprendre la route, je téléphone auparavant à ma mère pour prendre de ses nouvelles mais surtout l'avertir que je ne pourrais plus communiquer avec elle pendant un mois. En Espagne, je n'aurai  accès à aucun réseau. Nos adieux ont été émouvants mais j'ai su retenir les larmes.

    Enfin, j'étais prêt à repartir. Vers l'Espagne !

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  • Après cette petite étape que je me suis accordé dans l'exploitation vinicole familiale, j'ai repris la route pour atteindre dans la matinée Bordeaux. Depuis une colline, je dominais tout. Absolument tout ! La ville entière s'offrait à ma contemplation.

    Bordeaux, excellent cru de vieillesse

    Une vision sublime ! Si j'étais croyant, je dirais que c'est un don de Dieu. Étant cependant athée, je préfère déclarer que c'est un don de la Nature couplé aux efforts de l'Homme.

    Bordeaux, excellent cru de vieillesse

    En premier lieu, je me suis attelé à dénicher une épicerie pour effectuer mon ravitaillement. Fort de mon expérience malencontreuse avec la viande séchée, je n'ai acheté que des boîtes en conserve de fayots. Milladieux ! Rien que m'en souvenir, mon estomac se tort et gémit. J'en ai avalé durant mon voyage pour en être écœuré à vie !

    Après l'étape des courses, je me suis plongé dans la découverte de l'agglomération bordelaise en flânant au hasard dans les rues. Mes pas ont alors rejoint la belle Garonne et j'ai résolu de la suivre. Cela m'a mené au pont Jacques-Chaban-Delmas.

    Bordeaux, excellent cru de vieillesse

    Pour ceux qui l'ignorent, ce qui doit malheureusement être le cas pour une grande majorité de nos concitoyens, laissez-moi vous résumer un peu le personnage. Par ailleurs, comme à l'accoutumée, il s'agira des informations principales. A vous de les approfondir en consultant vos précieux amis les livres !

    Né en 1915, il faisait partie de l'entourage proche du Général de Gaulle et a joué un rôle très actif au sein de la résistance pendant la seconde guerre mondiale. Dans sa carrière, il fut député-maire de Bordeaux entre 1947 et 1995, premier ministre entre 1969 et 1972 et a eu également trois ou quatre ministères qu'il serait trop long de tous les détailler mais a été également nommé à trois reprises président de l'assemblée nationale. Je peux aussi ajouter que celui-ci a été joueur international en rugby à XV et en tennis. Hum.... Il est décédée depuis seize ans. Vous savez quoi ? Après une existence pareille, je pense que cet homme doit être heureux d'avoir enfin pu fermer les yeux pour se reposer. 

    Ce pont a été inauguré en 2013, deux ans seulement avant que je vienne ici pour monter dessus. De l'autre côté, j'ai continué à suivre le fleuve tout en observant le façade des maisons anciennes qui possédaient tant de style. Je me suis ensuite aventuré au hasard dans le dédales des rues pour atteindre la cathédrale. Celle-là, je n'ai pas souhaité la visiter. Je préférais poursuivre mon exploration de la ville qui m'a alors conduit à la place de l'hôtel de ville.

    Bordeaux, excellent cru de vieillesse

    Comment réaliser une description de l'endroit ou de mes émotions ? Cela est impossible. J'étais pris par la fascination au point d'en devenir muet d'admiration. Tant de beauté ! Un pur chef-d’œuvre ! Personne ne saurait y rester indifférent !

    Après cette merveilleuse contemplation, j'ai repris mon chemin pour écouter, par le plus grand des hasards, une femme se plaindre à voix haute au téléphone de l'incapacité des employés de Pole Emploi à lui trouver quelqu'un pour s'occuper de sa grand-mère pendant qu'elle conduisait son fils à Biarritz pour son épreuve de surf. Attiré, je me suis approché pour lui proposer mes services.

    Quelle rencontre absolument uniquement ! Isabelle Fournier, la femme m'ayant engagé, est la petite-fille d'Agnès Laoui qui a pris sa grand-mère à charge au moment de son mariage puisque aucun des cinq enfants de la vieille femme ne souhaitait s'en occuper. En vérité, je crois surtout que ces cinq-là savaient qu'ils n'avaient rien à faire.

    A quatre-vingt-douze ans, vous imagineriez une vieille femme peu alerte et aigrie ? Point ! Agnès Laoui se lève à six heures, va en courses seule, prépare les repas, réalise la lessive, lave le sol... Il n'y a rien qu'elle ne soit plus capable de faire ! C'est une boule d'énergie perpétuelle !

    Quand je pense à mon corps dans l'état dans lequel il se trouve alors que je n'ai pas encore dix-sept... Je me demande comment il aura évolué quand j’atteindrai l'âge d'Agnès.

    Bordeaux, excellent cru de vieillesse

    Pendant les deux jours passés avec cette femme, je n'ai strictement rien fait. Quand je voulais aider pour repasser, faire la vaisselle ou cuisiner, elle me regardait si sévèrement que je suis persuadé qu'elle m'aurait frappé avec une casserole ou le balai plutôt que me voir accomplir quelque chose chez elle ! Mais, en dehors de ces traits, Agnès était absolument charmante et d'une intelligence si magnifique. Quand je repense à elle, je voudrais que celle-ci soit ma véritable grand-mère. Nous avons beaucoup parlé, elle et moi, mais je taira ces entretiens. Ils sont trop intimes et je me refuse à trahir la confiance qu'Agnès m'a accordé.

    Il y a une phrase que je vous laisserai connaitre : "Le jour où je tomberai, la seule chose qu'il y aura à faire, c'est appeler les pompes funèbres et me mettre dans le trou". Ah ! Elle est vraiment... parfaite ! Je souhaite lui ressembler plus tard.

    Peu après le retour d'Isabelle Fournier, j'ai repris la route, heureux de cette formidable rencontre mais toujours aussi impatient de poursuivre mon beau voyage.

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  • Malgré ma séparation extrême avec Evan, en montant sur le ferry, je n'y ait pas pensé une seconde. Debout à la proue du navire, mon regard fixait l’horizon, scrutant tout ce que je pouvais apercevoir. Le vent soulevait mes cheveux et me caressait le visage. C'était une sensation si puissante et enivrante.

    Retour à la solitude

    Une demi-heure plus tard, j'ai posé pied de l'autre côté de l'estuaire de la Gironde, à la Pointe de Grave, là où le marquis de la Fayette s'est embarqué en 1777 pour rejoindre le conflit de l'indépendance américaine. Deux siècles plus tard, je foule ces mêmes terres chargées d'histoire.

    Retour à la solitude

    Néanmoins, l'heure n'est pas aux recueillements ou aux souvenirs de mes leçons. Je ne me sens pas en sécurité en demeurant bien trop près de Royan. Je redoute que la police, dépêchée par la mère d'Evan, me rattrape. Je reprends vite la route et marche d'une allure très rapide jusqu'à minuit. Je tombe alors de sommeil en plein milieu d'un pâturage et m'endors aussitôt.

    Au petit matin, les rayons du soleil me réveillent. C'est à ce moment que je songe à mon petit Evan et espère que celui-ci va bien, que ses parents ont enfin su entendre son message. Si oui, alors, je suis persuadé que tout ira bien pour lui.

    Retour à la solitude

    Pour ma part, je cherche ma route et découvre près de mon campement improvisé des panneaux. Ils me renseignent sur les différentes directions. Je découvre ainsi que Bordeaux se situe à environ quatre-vingt kilomètres de ma position. Cette ville constitue ma prochaine étape. Néanmoins , avant de me remettre en route, je retour en arrière, à quatre kilomètres de là, pour acheter des vivres dans la station balnéaire de Montalivet-les bains. Par chance, les grandes vacances ne sont pas encore commencées. Ses rues étaient désertes.

    Retour à la solitude

    Mon ravitaillement n'a pas duré plus d'une journée. N'ayant déniché aucune épicerie, je m'étais rabattue sur une boucherie. Avec la chaleur, la viande séchée n'a pas tenu. J'ai dû tout abandonner en pleine nature. Ce fut une expérience à retenir qui aura eu le mérite de nourrir les bêtes sauvages.

    La perte de cette nourriture ne fut pas une grande perte. J'avais déjà mangé et mon corps savait à présent résister à plus de deux jours de jeûne. C'était mon odeur rance et la transpiration qui me collait aux vêtements qui m’insupportaient le plus. Je puais le fauve ! Moi, qui déteste rester une journée sans douche, j'étais servi ! Je n'en avais pas pris une depuis dix jours ! Mais j'acceptais ces conditions de voyage. Après tout, ne les avais-je pas choisi ?

    Par chance, assez proche de Bordeaux, ma route est passée devant une petite exploitation viticole. En échange de nettoyer ses écuries, le propriétaire m'a accordé un salaire amis aussi aussi le gîte et le couvert. Grâce à mon labeur, j'ai pu enfin prendre une douche. Quel bonheur !

    Retour à la solitude

    la soirée au sein de la petite famille s’avéra très agréable. Mes hôtes souhaitaient que je leur parle de mon voyage et je ne me suis pas fait prier, ravi d'exposer à un public l'étendue de mes découvertes. Néanmoins, en songeant à leurs expressions quelques peu confuses et à des paroles qui m'ont été adressé un peu plus tard, je pense avoir été trop bavard. Il n'est pas bon d'écraser les autres par ses connaissances et il convient de les diluer lentement dans une conversation pour que son interlocuteur ne se sente pas diminué.

    Retour à la solitude

    Ah ! C'est une leçon que je ne maitrise pas encore très bien ! Mais au vu du titre de ce blog et de mon pseudonyme, vous l'aurez sans doute compris.

    Après cette nuit passée dans cette petite exploitation, je me trouvais tout près de Bordeaux. Faisons une pause ici pour aborder la cité un peu plus tard !

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