• La porte vers l'Espagne

    La promesse de la terre espagnole si proche m'a donné des ailes. Lancé sur les routes à peine sept heures du matin, j'ai parcouru une trentaine de kilomètres en moins de six heures. la motivation vous ferait déplacer des montagnes !

    La porte vers l'Espagne

    En arrivant en vue de Hendaye, j'ai observé le paysage et j'ai déchanté malgré le cadre enchanteur. Dans ma folle jeunesse insouciante, j'avais imaginé avant mon départ que je passerai la frontière par les montagnes pour échapper aux douaniers.

    La porte vers l'Espagne

    Comme vous pouvez le voir sur cette photographie, les montagnes sont très lointaines. Mon beau plan, empreint d'une naïveté enfantine touchante, est tombé brutalement à l'eau !

    Refusant de baisser les bras si près de mon objectif, je pénètre dans la ville grouillant de touristes pour trouver une librairie. Là, j'achète un plan de l'agglomération et observe attentivement les lieux. Je note vite que la Bidassoa est un fleuve qui marque la frontière. J'ai aussitôt l'idée de la localiser pour savoir si je peux passer par cet accès.

    Immédiatement, je me lance à la recherche de ce fleuve. Je le localise près d'une gare. Impossible d'approcher sans paraitre suspect. Je poursuis ma route et voit le cours d'eau s'élargir, bien trop pour que je puisse y nager jusqu'à l'autre côté sans me faire remarquer.

    Alors que je continue mon chemin, le fleuve s'engage dans un chenal pour atteindre ce qui se nomme la baie du figuier et se jeter dans l'océan. Le site est absolument magnifique. Grandiose ! J'en reste encore sans voix !

    La porte vers l'Espagne

    La porte vers l'Espagne

    La porte vers l'Espagne

    La porte vers l'Espagne

    Une fois remis de la magnificence de mon émotion, je me suis replongé dans le problème qui me tracassait. J'ai alors observé le chenal et su que la traversée serait réalisable.

    La porte vers l'Espagne

    Ayant appris la natation en haute mer, une cheville attachée au bateau par une corde, je peux vous affirmer que j'en ai vite appris tous les secrets. Vous savez, la survie, tous ces trucs-là ? Voilà, c'est ainsi que l'on apprend le mieux les choses !

    Face au défi qui m'attendait, j'ai observé un long instant la surface de l'eau éclatante au soleil. Allais-je mourir pendant cette traversée ? C'était une éventualité mais même la probabilité ne m'en effrayait pas. Je souhaitais poursuivre l'aventure, quitte à y laisser am propre vie. Plutôt la mort que continuer à exister le cœur lourd de regrets ! Alors, d'un sourire narquois, j'ai prononcé une formule rituelle Ave Caesar morituri te salutant et j'ai plongé.

    Pendant presque quinze kilomètres, j'ai nagé. Souvent, je m'accordais des pauses. J'effectuais entre chaque très peu de distance. Mais souvenez-vous que je portais un sac de kilos sur le dos ! Rien que de me maintenir à la surface demandait de gros efforts !

    Finalement, alors que le soleil commençait à descendre pour disparaitre dans les eaux paisibles de l'océan, j'ai atteint la rive espagnole. Avec toutes les dernières forces qui me restaient, je me suis hissé sur les rochers de la grève. Et après ? Plus rien ! J'ai perdu connaissance. 

    ~~ Ambulando meus magna erit, superbia magis.~~

     

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