• L'épreuve de la solitude

    Après mon départ de Valence, j'ai marché en suivant le Rhone pour m'arrêter peu avant la tombée de la nuit pour dresser le camp. Mon estomac n'ayant pas eu à manger depuis un moment, je me suis restauré.

    L'épreuve de la solitude

    Le lendemain matin, j'ai repris la route. Toute la journée, j'ai marché sans atteindre Lyon. Je ne suis arrivé à sa proximité qu'au jour suivant. J'ai contourné l'agglomération pour ne pas perdre de temps à y chercher mon chemin dans le labyrinthe que devait former ses rues.

    L'épreuve de la solitude

    On dit que les gens du Midi affirment par cliché que Lyon marque la frontière entre leur région et le reste de la France. Vous savez quoi ? C'est la vérité ! Ce n'est pas un mensonge que j'invente ! J'ai à peine passé Lyon que je me suis pris une averse ! Vous vous rendez compte ? Je n'ai pas vu de nuages sombres depuis Bordeaux et ils réapparaissent sitôt après Lyon. C'est définitivement la frontière entre la bonne partie de notre pays et celle qui prend l'eau toute l'année !

    Très vite, le climat me force à remettre ma veste. Vous savez quoi ? Finalement, je préférais transpirer et puer comme un goret que d'avoir froid ! Pour couronner le tout, je longe une nationale où les voitures sont nombreuses roulent à toute vitesse.

    Déterminé à franchir rapidement cette partie de mon voyage, je dors peu. Je m'éveille à six heures piles grâce à l'alarme de mon téléphone, m'accorde plusieurs pauses courtes et marche longtemps de nuit pour me coucher vers minuit. Le rythme est difficile à suivre pour mon organisme mais je le contrains, comme à l'accoutumée, à dépasser ses limites. JE commande. Pas lui !

    Naturellement, entre la route de nuit et le mauvais temps, il a été difficile de profiter du paysage. Mais il y a eu parfois des éclaircies inespérées :

    L'épreuve de la solitude

    L'épreuve de la solitude

    L'épreuve de la solitude

    Alors que j'errais en pleine campagne totalement déserte, un orage a soudainement éclaté. La pluie a aussitôt suivi. Un véritable déluge ! Il me fallait un abri ou je risquais la pneumonie. Je n'ai réussi qu'à trouver cette chose :

    L'épreuve de la solitude

    Honnêtement, quand je revois cette image et je repense aux moments vécus à l'intérieur, je songe qu'il faut être sacrément désespéré pour décider dans un tel lieu qui menace de s'écrouler sur la tête !

    Épuisé, je me suis laissé au sol, sur la terre battue. Je me demandais quoi faire en attendant la fin de l'orage lorsque Maria est apparue devant moi, allongée, et m'a incitée à la rejoindre pour faire l'amour. Ma main s'est tendue pour toucher la terre. Un simple mirage stupide de mon esprit...

    Pour m'empêcher encore mon cerveau de divaguer, je me relève et décide de m'occuper en inspectant les lieux sur am carte. Je commence à me repérer lorsque mes oreilles perçoivent la voix de mon petit Evan dire que je fais une erreur puis je le vois indiquer un autre point. Je me mets même à discuter avec lui pour commenter mon itinéraire jusqu'à Dijon. Repenser à ce souvenir me met mal à l'aise. J'étais vraiment... perturbé.

    Ma conversation s'interrompt quand je veux caresser les cheveux de mon petit Evan. Ma main touche le vide. Je comprends ainsi que mon esprit divaguait encore.

    Pour m'occuper dans de meilleures conditions, je mange. Je mange toutes les provisions que j'ai encore. Cela ne dure pas longtemps cependant. L'ennui revient. Je commence à penser que je suis en prison et songe au fameux Dantès resté enfermé vingt ans dans le château d'If. Cela me donne une idée de l'invoquer par mon imagination pour nourrir un débat sur l'idée de la vengeance et de son inutilité. Cela ne dure pas longtemps car je construis aussi bien mes arguments que ceux de Dantès et la discussion tourne vite en rond. Je le renvoie aux limbes pour me décider à dormir et oublier

    Je suppose qu'à la lecture de ce récit, cela vous perturbe. Mais je suis resté plus d'une semaine sans contact humain, quelques heures isolé sans occupation mon esprit à divagué et avait besoin de parler à quelqu'un. L'être humain est un animal social : il doit voir ses semblables. Autrement... Autrement, je crois bien que nous en deviendrons fou. Je suis un être humain moi aussi et même si mes congénères me sont insupportables souvent, j'ai besoin d'eux.

    Quand je me réveille, nous sommes au lendemain : le 16 Août 2015 à 14h45. J'ai dormi pratiquement vingt-quatre heures sans la moindre interruption. Mon corps était terriblement épuisé !

    Dehors, l'orage a cessé mais pas la tempête. Pourtant, je ne peux rester dans cette grange plus longtemps. Tout d'abord, je perds un temps précieux sur mon avancement et risque de ne pas revenir à Rouen pour la rentrée scolaire. Mais plus important, je suis incapable de rester isolé sans rien davantage. J'en deviendrai bientôt fou !

    Rassemblant mon courage, j'enfile mon chandail en laine et remets ma veste pour rabattre am capuche sur tête avant de reprendre la route. Je marche d'un pas rapide, déterminé à vite arriver à Dijon. Le froid continue de me transpercer et la pluie refuse de s'arrêter. C'est un déluge qui mériterait que l'on construise une arche !

    Quand j'arrive à Dijon, il fait nuit noire et la pluie tombe toujours. Les rues sont désertes. Je cherche en vain un abri et finis par apercevoir sous un pont un sans-abri devant un réchaud. Je lui demande poliment de m'héberger. après un temps d'observation, il a accepté et a commencé à me faire une leçon sur la vie dans la rue. En échange, je lui offert à manger. Il me restait encore une boîte de conserve puis je lui ait laissé une adresse chez qui aller à Paris pour trouver un bon travail.

    Au petit matin, le soleil était revenu et le sans-abri parti. J'esquisse un sourire en priant pour que celui-ci accepte mon aide et le travail qu'on lui proposera.

    Pour la suite, je me rends à une épicerie renouveler mes provisions puis je visite en téléphonant à ma mère.

    L'épreuve de la solitude

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    L'épreuve de la solitude

    L'épreuve de la solitude

    Après une vitesse très intéressante des lieux, il est plus qu'urgent de reprendre le voyage. Des étapes m'attendent encore avant d'atteindre le retour au bercail. La prochaine étape : Troyes ! En route !

    ~~ Ambulando meus magna erit, superbia magis. ~~

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