• Bordeaux, excellent cru de vieillesse

    Après cette petite étape que je me suis accordé dans l'exploitation vinicole familiale, j'ai repris la route pour atteindre dans la matinée Bordeaux. Depuis une colline, je dominais tout. Absolument tout ! La ville entière s'offrait à ma contemplation.

    Bordeaux, excellent cru de vieillesse

    Une vision sublime ! Si j'étais croyant, je dirais que c'est un don de Dieu. Étant cependant athée, je préfère déclarer que c'est un don de la Nature couplé aux efforts de l'Homme.

    Bordeaux, excellent cru de vieillesse

    En premier lieu, je me suis attelé à dénicher une épicerie pour effectuer mon ravitaillement. Fort de mon expérience malencontreuse avec la viande séchée, je n'ai acheté que des boîtes en conserve de fayots. Milladieux ! Rien que m'en souvenir, mon estomac se tort et gémit. J'en ai avalé durant mon voyage pour en être écœuré à vie !

    Après l'étape des courses, je me suis plongé dans la découverte de l'agglomération bordelaise en flânant au hasard dans les rues. Mes pas ont alors rejoint la belle Garonne et j'ai résolu de la suivre. Cela m'a mené au pont Jacques-Chaban-Delmas.

    Bordeaux, excellent cru de vieillesse

    Pour ceux qui l'ignorent, ce qui doit malheureusement être le cas pour une grande majorité de nos concitoyens, laissez-moi vous résumer un peu le personnage. Par ailleurs, comme à l'accoutumée, il s'agira des informations principales. A vous de les approfondir en consultant vos précieux amis les livres !

    Né en 1915, il faisait partie de l'entourage proche du Général de Gaulle et a joué un rôle très actif au sein de la résistance pendant la seconde guerre mondiale. Dans sa carrière, il fut député-maire de Bordeaux entre 1947 et 1995, premier ministre entre 1969 et 1972 et a eu également trois ou quatre ministères qu'il serait trop long de tous les détailler mais a été également nommé à trois reprises président de l'assemblée nationale. Je peux aussi ajouter que celui-ci a été joueur international en rugby à XV et en tennis. Hum.... Il est décédée depuis seize ans. Vous savez quoi ? Après une existence pareille, je pense que cet homme doit être heureux d'avoir enfin pu fermer les yeux pour se reposer. 

    Ce pont a été inauguré en 2013, deux ans seulement avant que je vienne ici pour monter dessus. De l'autre côté, j'ai continué à suivre le fleuve tout en observant le façade des maisons anciennes qui possédaient tant de style. Je me suis ensuite aventuré au hasard dans le dédales des rues pour atteindre la cathédrale. Celle-là, je n'ai pas souhaité la visiter. Je préférais poursuivre mon exploration de la ville qui m'a alors conduit à la place de l'hôtel de ville.

    Bordeaux, excellent cru de vieillesse

    Comment réaliser une description de l'endroit ou de mes émotions ? Cela est impossible. J'étais pris par la fascination au point d'en devenir muet d'admiration. Tant de beauté ! Un pur chef-d’œuvre ! Personne ne saurait y rester indifférent !

    Après cette merveilleuse contemplation, j'ai repris mon chemin pour écouter, par le plus grand des hasards, une femme se plaindre à voix haute au téléphone de l'incapacité des employés de Pole Emploi à lui trouver quelqu'un pour s'occuper de sa grand-mère pendant qu'elle conduisait son fils à Biarritz pour son épreuve de surf. Attiré, je me suis approché pour lui proposer mes services.

    Quelle rencontre absolument uniquement ! Isabelle Fournier, la femme m'ayant engagé, est la petite-fille d'Agnès Laoui qui a pris sa grand-mère à charge au moment de son mariage puisque aucun des cinq enfants de la vieille femme ne souhaitait s'en occuper. En vérité, je crois surtout que ces cinq-là savaient qu'ils n'avaient rien à faire.

    A quatre-vingt-douze ans, vous imagineriez une vieille femme peu alerte et aigrie ? Point ! Agnès Laoui se lève à six heures, va en courses seule, prépare les repas, réalise la lessive, lave le sol... Il n'y a rien qu'elle ne soit plus capable de faire ! C'est une boule d'énergie perpétuelle !

    Quand je pense à mon corps dans l'état dans lequel il se trouve alors que je n'ai pas encore dix-sept... Je me demande comment il aura évolué quand j’atteindrai l'âge d'Agnès.

    Bordeaux, excellent cru de vieillesse

    Pendant les deux jours passés avec cette femme, je n'ai strictement rien fait. Quand je voulais aider pour repasser, faire la vaisselle ou cuisiner, elle me regardait si sévèrement que je suis persuadé qu'elle m'aurait frappé avec une casserole ou le balai plutôt que me voir accomplir quelque chose chez elle ! Mais, en dehors de ces traits, Agnès était absolument charmante et d'une intelligence si magnifique. Quand je repense à elle, je voudrais que celle-ci soit ma véritable grand-mère. Nous avons beaucoup parlé, elle et moi, mais je taira ces entretiens. Ils sont trop intimes et je me refuse à trahir la confiance qu'Agnès m'a accordé.

    Il y a une phrase que je vous laisserai connaitre : "Le jour où je tomberai, la seule chose qu'il y aura à faire, c'est appeler les pompes funèbres et me mettre dans le trou". Ah ! Elle est vraiment... parfaite ! Je souhaite lui ressembler plus tard.

    Peu après le retour d'Isabelle Fournier, j'ai repris la route, heureux de cette formidable rencontre mais toujours aussi impatient de poursuivre mon beau voyage.

    ~~ Ambulando meus magna erit, superbia magis.~~

     

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